Ninjas de la mer, Zarzis

Ninjas de la mer, Zarzis
Ninjas de la mer



Ce sont eux qui ont choisi cette appellation de petits tortues bagarreurs et justiciers. Bacha, Chiboub, Baaroun, Bougra, Mfazfaz, Hammi, Wassim,…..se sont toujours affairés dans l'espace écologique et culturel du Musée mémoire de la mer à Zarzis, à remplir les bouteilles en eau, installer les configurations artistiques ou jouer aux pirates. Quelques fois ils sortaient aussi sur le terrain au nettoyage des plages du plastique et d'autres polluants, où ils s'amusaient follement à glisser sur les marécages dans des danses improvisées. Ils suivaient volontairement Boughmiga dans son éco-action de nettoyage des plages et participaient aux différentes étapes du processus de recyclage utilitaire et artistique.

Il leur arriva aussi de participer au sauvetage d'une tortue, embrouillé dans des filets à la dérive. Observant le savoir faire de Boughmiga et étonné par son amour de la mer et les animaux, ils mirent la main dans la pâte en coupant les fils et aidant le petit animal à reprendre le large. Il faut reconnaître aussi que le médiatisation de cet incident par Radio Tataouine, avait investit beaucoup de fierté et d'orgueil dans le cœur des enfants.

Forts de cette expérience et aussi l'accueil d'un cormoran blessé qu'ils avaient soigné et nourri, dans le Musé mémoire de la mer, jusqu'à sa guérison, ils acquirent un réflexe écologique et une prédisposition à agir positivement dans la nature.

C'est ce même réflexe qui s'est manifesté avec force dans leur conscience collective lorsque seuls, ils ont trouvé une tortue emprisonnée dans des filets sur une plage. Leur réaction fût presque violente lorsqu'un fils de pêcheur essaya de s'approprier la pauvre bête pour revendre sa viande très appréciée. Tout de même, ils durent argumenter et aussi repousser l'intrus pour entreprendre le sauvetage. N'ayant pas de couteau, ils usèrent de leurs mains, leurs ongles et même leurs dents pour dégager la tortue de sa captivité. Malheureusement, elle portait une blessure sérieuse à la racine d'un patte, mais dés que les ninjas de la mer, la repoussèrent dans le large, elle prit son élan et partit sous les applaudissement de la foule joyeuse des estivants curieux.

L'information a aussi été reprise par Radio-Tata et bravo pour les Ninjas de la mer, continuez, Bacha, Chiboub, Baaroun, Bougra, Mfazfaz, Hammi, Wassim…

Lihidheb mohsen
Action Mémoire de la mer
4170 Zarzis 31.08.05
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# Posté le vendredi 05 janvier 2007 17:46

El Akkaria

El Akkaria
El Akkaria


C'était une veille femme, qui devait être très belle dans sa jeunesse, qui me demanda où elle peut trouver El Akkaria. Je lui ai dit sèchement qu'elle n'est pas là, mais elle a gentiment insisté car elle veut à touts prix lui remettre des plants de menthe dans un sac en plastique. Elle commença alors à me vanter les valeurs de son ami et leur relation très ancienne, sans avoir de liens quelconques de parenté. A la fin, elle me remit le sachet pour que je le remette à mon tour à El Akkaria et partit.

Dés son arrivée El Akkaria, je lui ai dit :" mais qu'est ce que tu as fait pour cette Dame, pour qu'elle t'aime autant ?". (Ech hattetilha ?)
Elle s'assit à mon Bureau et commença à me raconter :
"Ce n'est pas grave, elle passera au plus tard demain chez moi, à la maison. C'est une amie que je considère comme ma mère. D'ailleurs au vivant de cette dernière, elle venait avec une autre Dame noire, et pour toutes les trois, chaque Dimanche, je faisais mon devoir de respect pour ces veilles. Dés qu'elles arrivent le matin, je les fais entrer simultanément à la salle de bain et leurs fais une toilette complète avec même des massages et frictions du dos. Aussitôt, je leurs fais changer les vêtement, et quand la noire n'a pas de rechanges je lui donne de mes foutas. Je les parfume avec de l'encens en embaume la maison de sa fumée. A midi, je les mets autour du grand plat de couscous au "mehchi", que je prépare presque chaque Dimanche à leur intention.
Après ce bon repas, nous buvons du thé, et partageons des souvenirs communs et des blagues. Particulièrement, la vieille noire est toujours contente et me remercie pour les frictions au dos que je lui fais pendant le bain. La deuxième femme, que tu as vue, me dis souvent qu'elle est très l'aise chez moi, et ne trouve pas autant de sollicitude auprès des femmes de ses enfants et même ses filles.
Même après le décès de ma mère, que Dieu la couvre de sa grâce, j'ai continué de les accueillir chaque week-end, comme mes propres parents."
Et ton mari et tes enfants, comment prennent – ils la chose ?
"De toutes les façons puisque, je travaille, j'ai acquis, une petite marge de mouvement et d'indépendance financière, mais quand mon mari et les enfants ont vu le plaisir et le contentement des vielles femmes, tout le monde est entrés dans cette sphère de fraternisation et de bonheur."

Je n'ai rien dit à cette femme, que j'ai commencé à admirer et respecter secrètement et à son insu, car elle m'a aussi, agréablement contaminer d'un bel sentiment d'humanité et d'altruisme.

Lihidheb mohsen
Eco Artiste
4170 Zarzis Tunisie
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# Posté le dimanche 07 janvier 2007 15:44

Harraba, une tortue de Zarzis à Monastir

Harraba, une tortue de Zarzis à Monastir
Harraba

Au début, je l'ai prise pour un mérou, mai en m'approchant d'avantage du bord de la mer frôlant les vagues, j'ai pu constaté que c'était une petite tortue, apparemment en difficultés de flottaison et de manœuvres. J'ai commencé à la prendre en photos et l'observé longuement. Elle faisait difficilement des plongées de trente secondes, et visiblement à bout de souffle, elle remontait pour respirer. j'ai alors déduit qu'elle serait bléssée et nécessite de l'aide.
Quand je me suis introduit à la mer pour la repêcher, elle a commencé à plonger pour de bon et pour de longues périodes dépassant la minute et il m'a fallu surveillé la surface de l'eau pour la localiser. Enfin, j'ai pu la rattraper en réveillant mes instincts de prédateur chasseur.
Effectivement, elle avait une patte sérieusement endommagée et n'en reste qu'un petit bout fraîchement cicatrisé. C'était la patte avant gauche, ce qui à donné la possibilité à la droite de se développer démesurément à force de l'activité intense qu'elle devait faire. Sortant sur la terre, j'ai aussitôt téléphoné au vétérinaire de Zarzis, qui m'a dit comment la garder chez moi au Musée mémoire de la mer, en attendant sa prise en charge par la clinique des tortues de Monastir.
Avec l'assistance des Ninjas de la mer, nous avons pu fournir à cette pauvre tortue un minimum de confort et de nourritures qu'elle boude souvent. Le soir, je la rentrais dans le Houch et chaque matin je la fais sortir dehors où un Boubchir l'observait d'un palmier en criant de joie et d'étonnement devant cet animal insolite.
Sa présence a améné beaucoup de Baraka, des dizaines de coups de téléphones, des mails, des visites de gens de Sfax, de Zarzis, la garde maritime, la Radio Tataouine qui a reporté l'information dans ses News lors de sa capture et lors de son départ pour Monastir. Mais le plus important, étaient les discussions avec les pêcheurs, les spécialistes et les partenaires comme l'Apal Zarzis, l'Instm Sfax, la Clinique de Monastir, l'Insm Tunis….et par conséquent, la concrétisation d'un précédent en matière d'intervention sur le terrain et surtout l'engagement des parties à synchroniser les efforts pour plus de présence et d'efficience.
Plutard,l' arrivée de Harraba, m'a été confirmée, le diagnostic délivré et le traitement prescrit. Je souhaite qu'elle pourra un jour, revenir à la mer, en saluant au passage les efforts de touts les partenaires et aussi celui de l'Etat pour cet acquis à la faune maritime.

Avec le soutien de l'action Mémoire de la mer Zarzis.

Lihidheb mohsen
Eco artiste
Activiste communautaire
www.seamemory.org
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# Posté le lundi 08 janvier 2007 12:34

Germination

Germination
Germination


Pendant que j’arrangeai les configurations artistiques dans mon Musée « mémoire de la mer », cinq fillettes de dix ans se sont pointées, les cartables sur le dos et de jolies sourires sur les visages encore barbouillés de craie. Croyant qu’elles allaient faire un tour entre les tableaux comme d’habitude, elles se fixèrent devant moi, légèrement intimidée et maladroites.
« Nous vous remercions pour cette réalisation écologique et nous en sommes fières. Les conseils que vous nous aviez donné l’année dernière, au sujet du respect de la nature et tout ce qui nous entourent, nous ont été très utiles. Moi, » dit l’une d’entre elles « j’ai arrêté de regarder souvent la télévision, et me suis intéressée aux contes de ma grand-mère qui a été surprise et contente de mon revirement brusque. Elle a été heureuse quand elle m’a vue collecter l’eau de pluie dans des bouteilles en plastiques afin de le sauvegarder de l’évaporation et m’en servir pendant la sécheresse. C’est grâce à toi Monsieur Mohsen, que nous avons eu de nouvelles idées, celles qu’avaient nos ancêtres et que les contemporains ont perdu de vu. »
Ainsi, chacune d’entre elles, se confessa à sa façon, et selon ses propres expériences et son milieu social. Elles ont aussi loué le directeur de leur école, Monsieur Héchmi, qui les a incité à la lecture et l’épanouissement. Il les a fait sentir que l’école est la leur et il est disposé à les assister pour de bon.
C’est alors que j’ai eu l’idée de les intéresser aux personnages dont les noms sont écrit sur les planches de la case de Robinson Crusoé (Hay Ibn Yakdhan), afin de les initier à la culture mondiale et retenir l’idée de chaque penseur. Elles se mirent tout de suite à les transcrire sur leur cahiers et eurent 48 noms qui vont de Bourguiba à Vinci, en passant par Mozart, Halladj, Zola, JFK, Abd El Kader, Saladin, Ibnkhaldoun, Joyce, Ibn Batouta, Averroès, Hitler, Verdi, Evita, Diana, Tayeb salah, …..
Tout en sachant que c’est disproportionné avec leur âge, j’ai pensé qu’il est possible de fixer la barre assez haut pour accélérer le rythme de la connaissance. Je leur ai demandé donc d’identifier chaque personnage et citer sa période, son pays et son idée maîtresse et ce, dans un délai d’une semaine.
Nous avons rigolé jusqu’aux larmes, quand l’une d’entre elles a identifié Abd El Kader, dans la chanson populaire du Raï Algérien « abdelkader ya bou allam… »
Assitôt parties, un de leurs collègues de classe est accouru avec son cahier pour faire autant.
Je leur ai tout de même conseillé de se renseigner auprès de leurs instituteurs pour ce petit travail amusant.
C’est ainsi, qu’il serait possible d’instruire les enfants, dans leur milieu naturel, en jouant, dans un climat de libre arbitre et d’initiative à la connaissance et la paix.


Lihidheb mohsen
Musée mémoire de la mer
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# Posté le vendredi 12 janvier 2007 12:21

Temoignage

Temoignage
Témoignage

( Suite à la visite au Musée, d’un groupe d’handicapés sévères de Gabès )

A mon ami Mohsen LIHIDHEB

Sonia, Basma, Sayida, Laïla, Lamia, Raouiya ! la beauté de leur nom, leur féminité, leur charme oriental pourraient paraître en contradiction avec leur corps cassés, leur membres paralysés, la lourdeur de leur déplacements, le trouble de leur langage et, semble – t-il, de leur intelligence.
Mais Monsieur Mohsen n’est pas de ceux qui tombent dans le piège des apparences. D’autant plus que si l’énormité de leur anormalité paraît de loin en premier, très vite on découvre le sourire malicieux de Sonia, la douceur du regard de Basma, la grâce de sa démarche pourtant fragile et soutenue par Fatma, la tranquillité béate de Sayida dont le nom signifie « l’heureuse », la liberté de Laïla qui se fout pas mal des conventions, elle va où elle a envie d’aller, elle s’étale de tout son long à plein sol où ça lui plait, elle balaye quand on ne lui demande même pas, elle se met à hurler jusqu’à ce qu’on lui foute la paix, et elle danse jusqu’à la limite de l’indécence mais elle sait très bien ne pas dépasser les bornes. Ce soir elle est la seule à se balader entre les bouteilles du jardin de Monsieur Mohsen. Peut être saisit-elle déjà le mystère de leur provenance, de leur naufrage, de leur ballottement sur les eaux. Lamia aussi qui tend son bras vers des choses invisibles. Elle ne parle pas , elle bave, elle se promène à tout petits pas mais elle nous montre ce que nous ne pouvons voir. Chez Monsieur Mohsen, elle est tout à son aise car là au moins elle a trouvé un complice, un homme qui regarde au delà de l’horizon. Quand à Raouiya, poupée de chiffon dans les bras de sa maman elle est bien à sa place également dans ce monde de rescapés secoués par les vagues.
Ah mais j’oubliais le seul garçon : Wassim, l’extraordinaire enfant, petit prince d’un autre monde, dont les doigts en perpétuel mouvement frôlent les feuillages ou font miroiter devant ses yeux ou crisser contre son oreille des bouts de paille ou de papier qui sont pour lui objets précieux. Lui aussi est bien à son aise dans ce monde mystérieux du jardin de Monsieur Mohsen à tournoyer au milieu des bouteilles, poursuivant le mouvement sans fin du Big-bang initial et des flots.
Au milieu de nous , de notre groupe bizarre formé de mamans avides de paroles de réconfort de ces filles et de ce petit garçon qui voient l’invisible, de volontaires acquis d’avance à son message d’humanité, Monsieur Mohsen, intimidé mais rayonnant, un grand « bendir » entre les bras, nous livre avec douceur, nous déverse au rythme du tambourin, le débordement d’amour de son cœur pour les inconnus naufragés et pour l’humanité tout entière en péril de guerre et de pollution.
Bravo Monsieur Mohsen et merci de nous avoir donné une place d’honneur au milieu de ton univers marin et de nous avoir confié un message de foi et de fraternité car quelque soit la force du vent contraire la barque de l’espérance peut toujours remonter le mauvais courant quand tend sa voile le Souffle de l’Esprit divin.

Zarzis le 17 Juillet 2004

Avec toute mon amitié
Dominique Tommy Martin Sfax
# Posté le vendredi 12 janvier 2007 12:27
Modifié le vendredi 12 janvier 2007 12:42