Ulysse de Zarzis

Ulysse de Zarzis
Le petit Ulysse de Zarzis


Il était une fois à Zarzis, dans le sud Tunisien, un petit homme brave, intelligent et fou de la mer. Sa passion consistait à errer tôt le matin le long des rivages, sillonner les plages de Zarzis et récolter tous les objets dociles refoulés par la mer : bouteilles, cordes, planches …etc. De tels objets qui encombrent les plages et menacent par leur pollution toute la biosphère, finiront leur étrange parcours à s’installer dans un musée vivant confectionné au fil des jours et des années par le labeur et la perspicacité de mon ami et passionné de la mer Mohsen.

Son amour ardent de la mer le rapproche de cet héros mythique Ulysse. Tous les deux étaient des errants de la mer, des évadés de/dans la nature, des passionnés de découvertes de d’aventures. Peut-être une seule différence les distingue. Ulysse a passé sa vie à sillonner le grand large pour découvrir les civilisations lointaines et communiquer avec des êtres différents. Alors que Mohsen passe les moments propices de sa vie sillonner les plages afin de retrouver les traces des êtres chers échus au fond des mers et parvenir patiemment à communiquer avec eux et redécouvrir leurs civilisations proches et lointaines.

Ce rapprochement entre ces deux fous de la mer m’a poussé à baptiser Mohsen « Le petit Ulysse de Zarzis ».

Mon ami Mohsen ou mon ami Ulysse de Zarzis sans te flatter, je te présente toutes mes excuses pour ne pas avoir eu le temps convenable pour te rendre visite à Zarzis une deuxième fois et graver mes mots dans ton livre d’or.

Enfin, philosophiquement non-palant, mais méditant, je t’écris en m’inspirant d’Ulysse, de Nietzsche, de Heidegger :
- « Que le petit Ulysse de Zarzis deviendrait grand… »
- « Celui qui pense grandement, il lui faut errer grandement » ( Heidegger )
- « deviens ce que tu es » ( Nietzsche )
Et pour finir poétiquement je te chanterai :

- Heureux celui qui comme Mohsen, un jour a sillonné le plage (de la vie)
, heureux celui qui comme Mohsen a décelé les secrets de lointains voyages.


Ton ami errant Rachid

Kaouach Rachid
Professeur de Philosophie
A l’Université de Tunis
# Posté le dimanche 04 février 2007 03:29

Hommes et serpents à Djerba

Hommes et serpents à Djerba
Hommes et serpents à Djerba

C'était Dimanche dernier, quand tôt le matin, j'ai décidé de conquérir l'Île à ma façon et commença par la prospection de quelques endroits susceptibles de comporter encore les traces des mes ancêtres les Néanderthaliens, Erectus, Habilis....et les Djerbienus Minenxus Zarzissus, et ce, sur les monticules surélevés de la mer et par les restes de poteries, silex et diverses empreintes humaines. J'étais occupé à balayer le paysage avec mes yeux de lynx ou d'aigle comme vous voulez, un tesson ici, un bout de mosaïque là, un éclat de silex, une grotte primitive... quand Vrom Vrom Vrom....une colonne de quads m'entoura sautillant sur les collines et vrombissant comme une colonne militaire. Avec un petit geste, je fîs signe au convoyeur indigène, qui, intrigué par ma présence inopportune dans un endroit aussi désert et sauvage pas loin du fort Elguistil. « Qui a foutu sa poubelle ici, sur le parcours de vos engins ?? c'est l'un des vôtres pétaradeurs car en examinant les composants des déchets il y a une demi douzaine de petites batteries d'allumage motos usagées !! » lui dis je. « oui, c'est stupide mais il ya plusieurs dizaines de propriétaires de quads qui organisent des redonnées quotidienne et qui peut on accuser ? » me dit il et ajouta aussitôt « mais qu'est ce que tu fais là, tu chasses des serpents !! fais attention j'en rencontre chaque fois sur mon passage » « Non je suis l'ami des bêtes et des insectes et ce ne sont pas les serpents qui m'inquiéterais car je suis en bon terme avec tout ce qui n'est pas Homme ».
Effectivement, il y avait beaucoup de traces de serpents sur le sable de l'endroit, beaucoup de tous de renards, des rats et de lièvres. Les traces des bêtes de toutes sortes paraissent encore fraiches et tant mieux, car ils ne paraissent pas dérangés par le bruit constant des engins touristiques.
Le soleil monta assez haut et la chaleur du mois d'Août me poussa à m'approcher de la mer, tout prés du Fort où je fis un bain dans l'eau fraîche de l'oued tout en veillant de ne pas me laisser emporter par le courant. Là aussi, une dizaine de bateaux à moteurs des ski rapides de 12 personnes, convoyés par une vingtaine de jet-ski, font un tapage indescriptible en sillonnant l'endroit dans tout les sens pour s'arrêter, en face du fort, sur le grand banc de sable, squatté par les « marchandisers » du tourisme et l'écologie. Quelques bateaux firent des visites au fort et je me fis partie du groupe pour écouter les commentaires des présumés guides, qui ne pipèrent mot, et malgré mon insistance pour qu'ils fassent leur « p » de travail, l'un d'entre eux me répondît par un geste d'impatience. Alors ma fierté de « Toz hikma » prit le dessus et entrepris d'expliquer. « Le fort est construit en ... par les...pour servir comme avant poste pour l'artillerie d'autrefois et dissuader les...et protéger les..., Non non, c'était longtemps après Ulysse qui conquit la toison heureux... rentra à P comme Penelope».
En vérité j'étais toujours vexé par la manque de professionnalisme des accompagnateurs, guides, vendeurs, et tout ce qui tourne autour des touristes. Personne ne veut mettre dans la tête que c'est un travail sérieux qui a ses normes, sa morale et ses principes. Bref...Pendant dix ans j'ai bataillé pour un syndicat d'initiative à Zarzis, Niet, au point d'avoir jeter toutes les paperasses relatives à ce sujet à la face d'un responsable en jurant de ne vouloir plus entendre de cette histoire. Mais toujours, le « Toz Hikma » remonte à la surface.
Un vieux pêcheur, sous son grand chapeau de paille, fixant le bout de sa ligne, dont l'appât flotte vainement dans le fond de l'oued déserté par les poissons et toute forme de vie, me confirma son infortune et me fît un signe de la tête en direction des bateaux fous, avec leurs passagers insouciants.
D'ailleurs quand j'ai demandé à un touriste ce qu'il pense de ce débarquement violent sur la terre et la mer, il m'a confirmé, qu'effectivement, les ski transporteurs roulent à une vitesse excessive et pas du tout nécessaire.
Vexé, je replongea dans l'oued et ses courants, au risque de ma vie, à la recherche d'un poisson quelconque, mais Nada. Rien, Nothing, Gar nix, Niente, Kaaba la.
De l'autre coté, dans l'Oasis d'Aghir, j'ai découvert une petite carrière sauvage où des pelleteuses, buldozeuses, grignotent affreusement une petite colline. Voila, le débarquement destructeur est descendu et consommé sur l'Île, par terre, mer et ciel, sans cartier et sans pitié. Plus loin un beau palmier m'interpela par la charge de ses régimes de dattes encore vertes, et trouva en bas une douzaine de « Ghmag » troué par les fourmis, auxquels j'ai enlevé une douzaine que j'ai mangé avec un réel plaisir.

Lihidheb mohsen
Eco artiste Zarzis 17.08.08
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# Posté le dimanche 05 octobre 2008 13:41

Résistance au débarquement mercantile

Résistance au débarquement mercantile
Résistance, au débarquement mercantile.

Ces derniers jours, je suis passé par un grand espace, comme il commence à y en avoir partout, de touts genre, de tout calibre, en service commandé en service libre....dans les villes et les villages, une forme de débarquement mercantile sauvage sur les plaines, les monts et les vaux de nos habitudes comportementales en matière de consommation. Je suis entré donc, titubant entre les rayons des produits synthétiques, des produits en plastique, les rayons des conserves, des produits emballés, congelés, déshydratés, probablement G. modifiés, ....puis les étalages des eaux pures et gazéifiés, les eaux colorés, aromatisés aux saveurs artificielles de touts les fruits...et me voilà dans la zone des légumes et fruits, où les pommes viennent des Zétasuni, les bananes des sponsors des fameuses république bananières, des pêches et des poires volumineuses et belles à un point douteux.... Et malgré les efforts grandioses de persuasion à acheter, les sourires forcés des vendeuses, la climatisation exagérée, les belles mise en place, les affiches de fées souriantes, les soldes bidons, ils n'ont pas pu me convaincre à acheter quoi que ce soit et je sortis devant le regard désabusé des caissières.
Un autre jour, de l'autre coté du territoire, dans la ville la plus authentique et originale de la Tunisie, à Bengardane, là où le "Souk el Magharibi" a investi des hectares de terrain animés par des centaines de vendeurs, transporteurs, crieurs, rabatteurs,...et des milliers de clients venus du Nord et la capitale dans une procession de bus étatiques et autres, dans une descente organisée sur les produits paradoxalement peu "Magharibi". Effectivement, de Hong Kong, Chang-Hai la populaire, Taiwan la nationaliste, de Corée la capitaliste, de l'Inde aux saris, du Pakistan aux caftans, de pays inconnus, d'origines incertaines et douteuses, s'étalent touts les produits possibles et imaginables, les pacotilles, les conceptions burlesques, les tapis synthétiques, les fournitures scolaires, les vêtements et chaussures avec toutes les imitations en vogue,...là aussi, j'ai parcouru les ruelles ombragés et souvent ensoleillés, à lorgner à droite et à gauche les étalages et quelques fois de belles clientes rondes et pleines de fric suivies d'un boy poussant une brouette submergée de draps et couvertures. Là aussi, j'ai beau essayé de dépenser les quelques dinars rescapés dans ma poche, de participer à cette orgie internationale de consommation aveugle au détriment de nos produits et notre économie...mais hélas, là aussi, rien ne m'a attiré malgré les prix quelques fois incroyablement bas, ce qui amène à imaginer les souffrances et l'exploitation de nos frères ouvriers au pays du levant. Ce n'est qu'à la fin, devant le sourire rayonnant d'un gentil bonhomme au chapeau de paille, borgne comme plusieurs de sa génération des années quarante, quand le prétendu protecteur avait négligé de soigner une épidémie ophtalmo, devant cet homme authentique, à l'½il unique, j'ai acheté un verre de thé que j'ai dégusté en échangeant avec des gestes et des mots, nos sentiments de bonheur et joie de vivre. Autrefois, l'eau comme le thé, ne se vendait pas, et constituait le calumet de la paix entre les gens, ce calumet de la paix, que nous avons siroté en protestation à cette nouvelle guerre de mise au pat à la consommation, une protestation à ce débarquement, qui n'est pas moins violent que celui des armées, des avions et des blindées.

Lihidheb mohsen
Eco artiste 15.09.07
Zarzis Tunisie
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# Posté le dimanche 05 octobre 2008 13:50

Le fils des riches aime l'art des pauvres

Le fils des riches aime l'art des pauvres
Le fils des riches, aime l'art des pauvres.


C'était le chauffeur de la grande limousine noire, qui m'avait raconté, comment un petit garçon de quatre ans, qu'il transportait avec ses parents vers l'aéroport de Djerba, avait manifesté une grande joie et un bonheur immense à la vue des configurations artistiques exposées dans la mer juste à l'entrée de la chaussée romaine.
Devant le dauphin au dessus de l'eau, le poulpe avec ses tentacules et ses yeux ronds, l'assemblage des roues colorées et la myriade de bouteilles scintillantes en guirlandes sur une longue corde d'Ariane...le petit enfant, a demandé à ses parents des explications et sans attendre de réponse, il continua à regarder par la vitre arrière les assemblages et leur réflexion sur la surface de la mer.
De toutes les façons l'enfant, ne pouvait avoir de réponse de ses parents, distants et lointains, de tout ce qui n'a pas de valeur mercantile et peut être une source de profit. Il ne pouvait pas aussi comprendre l'attitude de ses parents qui se sentent et se comportent au dessus des basses mécaniques de la nature et des hommes et planent en permanence en prédateurs à l'affût des affaires. Il ne pouvait savoir aussi, que sa lignée et leurs semblables, avait su profiter de la religion, la nature, l'indépendance, le protectionnisme, le libéralisme, les changements, les blanchissements, la mondialisation, la pauvreté des gens et leur crédulité.
N'avaient ils pas arracher des terrains des autochtones pour trois fois riens et souvent sous la pression des omdas et délégués de l'après indépendance. N'avaient ils pas construits des hôtels sur des oasis en pleine santé écologique pour massacrer des milliers de palmiers et ériger des murs et des ghettos. Ils avaient utilisé le sable des plages pour la construction et l'eau des puits locaux pour le béton, gratuitement et sans s'inquiéter des effets et retombés sur le village. D'ailleurs aussitôt le chantier terminé, la plage fut interdite aux gens du village, la culture irriguée s'arrêta car, désormais, les eaux devaient servir aux piscines des hôtels.
Voila, mon garçon, tu peux voir que tes parents avaient accumulés des richesses et capitaux grâce à la déconstruction et l'opportunisme, pendant que le pauvres, porteurs des valeurs humaines, la sagesse, la mémoire collective, l'éthique, la tradition, la foi ... l'amour de Dieu et la nature, construisent et reconstruisent la vie et résistent humblement aux divers glissements et faux pas de l'humanité.
Tu peux, désormais, considérer l'art des pauvres comme tiens, c'est tout ce que l'on peut t'offrir, peut être servira –t-il un jour à éclairer autant soit peut, pour un monde meilleur.

Lihidheb mohsen
Eco artiste
4170 Zarzis TN 10.07.07

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# Posté le dimanche 05 octobre 2008 13:56

Le paradis des rêves oubliés

Le paradis des rêves oubliés
Le paradis des rêves oubliés
Eco action : Mémoire de la mer Zarzis

C'est une réalisation insolite exécutée par l'éco artiste Lihidheb mohsen, qui, pendant 15 ans, avait nettoyé périodiquement 150 km de plages et récupéré plusieurs centaines de milliers de déchets et objets provenant de la mer. Don de Dieu, de l'autre, avec le levé du soleil et dans un souci de respect et de normalisation de la relation humaine avec la matière, il a recyclé une grande partie de ces objets en configurations et assemblages artistiques. Sur un terrain de 1000 m2, il a reconstitué la mémoire de la mer et des hommes dans 135 tableaux expressifs par la forme, la couleur, le mouvement et les lumières des objets. Sur des thèmes partant du Big Bang, Socrate, Crusoé, arche de Noé, ... jusqu'au Sida, le 9.11, la tolérance, la paix..... on peut dire qu'avec la complicité de l'auteur, la fantaisie et les rêves ont squatté cet espace sur terre. D'ailleurs, toutes les idées, thèmes et artware, ont été acquises sur le terrain du mouvement et cueillis comme des fruits de l'action, la contemplation et l'accompagnement des choses de la vie.

Avec un record Mondial Guinness 2002, 137 éco poèmes de constat au sujet des rencontres avec les dauphins, oiseaux et tortues, 46 bouteilles avec messages trouvées et 80 envoyées permettant la connaissance d'une dizaine de personnes autour de la Méditerranée, un éco film documentaire "Sacrées bouteilles" primé à Carthage et Fespaco et transmis sur plusieurs chaînes en Europe et au Canada, un dossier consistant et compatissant au sujet des Harraga naufragés de l'exode vers le nord, une cinquantaine de textes "images écrites" en Arabe et en Français, 70 articles de journaux, 54 interventions à la Radio, un site crée et hébergé par une Université Américaine, une autre par les Artistes sans frontières et plusieurs blogs thématiques ci-joints, des centaines de témoignages sur les sites et le livre d'or du Musée, un groupe d'enfants "Ninjas de la mer Zarzis" ont acquis avec le temps le réflexe écologique et continuent à nettoyer les plages, assister les animaux et planter des arbres, 9 endroits artistiques construits sur des lacs salés et des mers peu profondes , dans un élan de "reconquista" des espaces pour la nature et l'art, ....., cette action solitaire avec très peu de moyens armée seulement par l'amour de la vie, attend sa reprise et sa vulgarisation, pour un monde meilleur.
C'est le Paradis perdu, la Mecque des écolos, le temple des lumières, le mini big bang culturel et comportemental,...avaient écris certains visiteurs, mais l'auteur se penche plutôt à l'écrit d'une jeune Américaine : C'est le Paradis des rêves oubliés.

www.seamemory.org
www.artistes-sf.org/galeriede
http://zarzissea.skyblog.com
http://boughmiga.skyblog.com
http://bastaharraga-boughmiga.blogspot.com
www.webtunisien.com/boughmiga






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# Posté le dimanche 05 octobre 2008 14:00