Boughmiga s'en va en ville

Boughmiga s'en va en ville
Boughmiga, s'en va en ville
- Ils étaient nombreux les artistes, des barbus, des rasés de pré, des visages connus, des sommités escortés par leurs filles, des quinquagénaires trop confiants et narcissiques...animaient la salle à peine suffisante pour contenir leurs auréoles planétaires. Boughmiga biglait la foule, distrait, fatigué par le long voyage mais rafraîchis par la blancheur et la beauté des quelques femmes présentes. Personne ne fit attention à lui, ce nouveau membre aux allures compagnardes, qui s'attendait à être reçu et présenté dans un geste de reconnaissance, d'accompagnement et de soutien. Déçu, il commença à regarder dans la foule s'il reconnaîtrait quelqu'un, en vain. Pourtant, son art est désormais connu mondialement et retenu comme référence en la matière. Il est parmis les rares eco artistes du tiers monde qui a fait ses preuves dans le land art, le pop art, l'assemblage et le recyclage artistique. (Rideau)
- Puisqu'il n'a pas toujours l'occasion de "monter" à la capitale, Boughmiga passa à la maison de la poésie, cachée dans un labyrinthe de ruelles sinueuses et froides, il l'a trouvée difficilement. En réponse à la gentille secrétaire, il déclara : Je viens faire sortir la poésie de sa maison prison, des ses manuscrits, des livres, ...comme j'essaie de faire libérer l'art des cadres restreints, des tableaux contraignants...et les faire revenir à leur espace commun la nature. (Rideau)
- Excédé, Boughmiga se dirigea de pied ferme vers les buildings de l'écologie, au moins la bas, il sera bien accueilli et reconnu, car c'est bien lui le premier qui ramassa le plastique dans le pays, nettoya périodiquement 150 Km de plages pendant 16 ans, obtint un record Guinness, sauva des tortues, des oiseaux, des dauphins, créa un musée écologique "mémoire de la mer", son film "sacrées bouteilles" fit le tour du monde... Aussitôt arrivé, Boughmiga, trouva la "maison clause" avec une pancarte virtuelle sur laquelle on peut lire "mise à niveau". Déjà !!!! (Rideau)
- Cette fois, Boughmiga reprit son esprit et dit : "Home sweet Home", je vais à mon Office, mon employeur, ma référence, ma raison d'être, le métier que j'avais choisi, où j'ai commencé très bas en solidarité avec le prolétariat, bien sur, d'autrefois...Alors il se pointa, nom, prénom, matricule, grade, 32 ans de service, comptable avant d'entrer commis dans cette administration, beaucoup de capacités de synthèse et de création, important pour la transition, il expliqua qu'il sait, qu'il connaît...et à la fin on lui avait dit : STOOOP, on sait que tu connais, c'est pour cela qu'on te laisse cloué. (Rideau)
- Furieux, enragé, Oedipe rejeté par sa madre, se dirigea vers son parti politique et devant la tour verticale, vitré et glaciale, il se sentit tout petit et cru entendre : " Tu viens d'aussi loin, hein, pourquoi tu ne reste pas dans ton patelin, hein " (Rideau)

-Boughmiga le néanderthalien, repris son esprit, et se dirigea en catastrophe vers la pagode de la culture, où on le prit pour un libyen à cause de son accent Zarzissien. (Rideau)

-Au passage, étant correspondant depuis longtemps, il passa voir un journal de la place, où on le cloua sur place d'ingratitude et de refus. (Rideau)

Ainsi passa Boughmiga, la journée à errer dans la capitale sans trouver le moindre accueil, ni chaleur, ni les mots justes nécessaires à une communication humaine. C'est alors qu'il se rappela et interpella un ami de longue date et autour d'un café, après que Boughmiga eut raconté ses méandres de la journée, l'ami lui dit : " Espèce de cafard, qu'est ce que tu viens foutre ici, déserteur de ton bled, brûleur d'étapes, Fellag, intrus, Jabri, pique assiettes, Zkim, .... Casses toi, rentres dans ton Douar et ne parle plus d'art et de foutaises qui te dépassent. "
Et sous le fou rire, le brouhaha de l'extériorisation, Boughmiga se rappela, comment pendant le début du siècle, lors des épidémies et les famines, les razzias, les grandes villes fermaient leurs portes aux réfugiés et aux malades et les laissaient mourant devant les tours. Personne n'ouvrait les portes, ni amenait des soins ou de la nourriture, ni les gens des divers cultes, ni les constables ni les autorités coloniales. Seuls quelques ouvriers anarchistes Français et Italiens, brisaient la quarantaine et secouraient les pauvres au risque de leurs vies et la répression de la loi.
Maintenant, il n y a plus de grandes portes à Bab Jebli, Bab Diwan, Bab Assel, Bab El Khadra, Bab Bhar, Bab Bnet, Bab Aliwa, Bab el Fella.... Mais dans les esprits, dans la mémoire collective, dans les séquelles administratives, dans les préjugés et les égocentrismes, ces portes sont encore cadenassés d'une façon ou d'une autre aux visages des paysans.

Lihidheb mohsen
Eco artiste 13.12.07
4170 Zarzis TN


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# Posted on Sunday, 05 October 2008 at 2:04 PM

Mon anniversaire, à la mer.

Mon anniversaire, à la mer.
Mon anniversaire, à la mer

Comme chaque Dimanche et jours fériés, et même pendant les heures creuses et les récréations, je profite de l'occasion pour faire un fugue, faire l'école buissonnière, aller à la mer, à l'université de la nature et de la vie, loin des hommes et leurs mensonges grotesques, qu'ils cachent par des buildings et par le « non-stop-manup » à la Trotski*. Aujourd'hui, je voulais faire la frontière costale prés du fameux Bordj, dont la tradition orale de mes ancêtres « pasteurs » parlait beaucoup. (Tu sais, toi, fils de mon progèniteur, dont les parents sont bénis, je te dis, et rien ne peux échapper à ta perspicacité...daga daga, nous passâmes prés du Bordj, ...malade j'ai du aller au Bordj, ...au Bordj pour porter plainte au Mkhazni untel...il a fallut envoyer quelqu'un au Bordj pour appeler des secours...). J'y suis allé une fois, mais c'était juste une approche et une prospection d'un lieu que j'ai tout de suite aimé par sa beauté et les quelques tessons et silex que j'avais trouvé de mes véritables ancêtres qui habitaient la région quelques milliers d'années auparavant.
Bref, à cause des nuages imposants et prometteurs, j'ai du écourter la distance de mon parcours, et me rua sur l'isthme gauche du lac El Bibane où je fis quelques kilomètres à pieds longeant la plage à nettoyer le plastique et la même distance au retour longeant la dorsale à récolter les tessons de différend âges. Depuis quelques années, j'étais convaincu de la valeur de mon acuité visuelle et mon habilité à détecter les moindres indices des objets-témoins de nos prédécesseurs, et partis dans le sens de joindre au titre « action mémoire de la mer » (et de l'homme). Sur la plage, il n'y avait pas grand-chose parcequ'hier le vent venait de l'ouest vers la mer, quand j'ai profité de l'occasion pour envoyer un message sur une feuille rouge, dans une bouteille que j'ai envoyé partir de Sidi Kbir portant « Stop Harraga ». Mais, depuis que j'ai envoyé cette bouteille à la mer, je subis le matraquage moral de mon lapsus conceptuel à ce sujet, car visiblement, les Harraga, commencent à partir aussi de mon voisinage vers le faux paradis. Vous voyez, combien l'homme est instable, à la ville je parle de la mer, et maintenant confortablement en pleine nature, je parle des incohérences humaines... c'est peut être à cause de ce déplacement irrationnel que l'homme a aiguisé sa maturité !!!
Les nuages sont passés sans conséquences au grand dam de notre instinct de survie et de prospérité, et malgré mes manches courtes, je suais fort et la chaleur me tapait sur la tête. Quelques mouettes plongeant dans la mer, attirèrent mon attention et je les suivis dans l'eau portant un short par pudeur au soleil. L'eau était vraiment froide pour un début de Novembre et je dû y aller avec douceur en gloussant bruyamment à chaque pas vers le large et la montée du niveau de l'eau, à ma taille, aye, aye, ma poitrine, ayayaye et surtout le haut de mon dos qui me fis le plus tressaillir comme un chameau. Quand j'ai plongé la tête, j'ai senti le froid dans toutes mes cellules et la pénétration de la fraicheur jusqu'au fond de mes entrailles, dans une fusion totale et régénératrice. Après un moment de relaxation, sans le souffle, complètement revenu à la mer, j'ouvris les yeux, sur un palmier unique, qui dansait sur la surface de la mer jusqu'au bout de mon nez, chatouillant agréablement mon amour à la vie. Derrière moi, une mouette essaya de s'envoler à coups d'ailes et de palmes, mais faute de vent et de brise, retomba dans l'eau à ramer et plonger. Un poisson vert me contourna, des crabes me menaçaient de leurs petites pinces ridicules mais dissuasives, quelques grosses coquilles paissaient entre les algues. A ce merveilleux instant, de bien être et d'euphorie véritables, j'ai pensé aux malheureux Harraga et bien sur, aux gens que j'aime, et ils sont nombreux, très nombreux, tous, à qui je souhaite autant de plaisir et de joie avec la vie.
A ce moment, de lucidité totale, physique et mentale, je me suis sentis prés à posséder la terre entière et me rappela que c'était le jour de mon anniversaire. On nait chaque jour, mais tant mieux pour agrémenter l'histoire.
Maintenant, pendant que j'écris péniblement ce texte, ma fille, vint me dire, qu'il y a des gouttes de pluie et l'horizon promet un orage. Hourra hourra.
Lihidheb mohsen
Eco artiste www.seamemory.org
4170 Zanzis 02.11.08

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# Posted on Monday, 03 November 2008 at 1:07 PM

Nos 42 heures de vacances

Nos 42 heures de vacances
Nos 42 heures de vacances

A vrai dire, Boughmiga le néanderthalien, n'avait pas besoin de vacances, tant qu'il passe ses journées à surfer entre son travail, le nettoyage des plages, le jeu d'échec, l'internet, l'activité sociale et associative, les installations artistiques, les visites aux écoles, l'entretien de son espace eco artistique, les dérives journalières derrière les « happenings »... , mais tout de même il faut bien changer d'horizon et surtout permettre à Madame Boughmiga (hammalatou il hatabi) d'échapper à son pénible cycle quotidien entre la cuisine, le travail et le dictat social. Que faire ? Où aller ? Avec quels moyens ?... Ah voilà, nous avons quelqu'un dans le nord qui nous invite pour son mariage, un jeune que j'ai connu à travers une bouteille à la mer trouvée sur les plages de Zarzis. En avant toute, de l'essence bon marché a été acheté de Bengardane et à quatre heure du matin, Madame Boughmiga et moi, entre priment notre ruée sur le nord. Il faisait encore agréable entre Souihel, El bled, El Hchem, Khalfallah, Ghrabatt, Souitir, Hassi amor, et à partir de Medenine, Metameur, Mareth, Gabés, la chaleur matinale était assez forte. La nouvelle autoroute Sfax-Sousse était encore gratuite et nous pûment escalader facilement le fameux Nord, où à chaque fois, je salive comme un mouton quand je vois la verdure et comment la nature s'offre consentante à l'homme. Arrivés au village avant midi, nous avons eu droit à une réception acceptable, dans un Nord où la chaleur humaine manque visiblement et tout de suite juste après les salamalecs, sans invitation au repos, nous avons été réquisitionnés pour faire des courses et navettes interminables entre les villes du cap bon, à l'affut des couturières, des habilleuses, des coiffeurs, des musiciens, des pâtissiers... J'ai dû alors convertir ma fatigue et ma colère en énergie et roula comme un bolide entre les sillons de tomates écrasés sur les routes. Il faisait très chaud et après la visite de quelques vestiges et vues panoramiques, nous essayâmes une sieste dans la maison du voisin du marié, dans laquelle j'ai eu du mal à respirer à cause de la chaleur et surtout à cause de l'odeur de peinture fraiche sur le mobilier. Ne pouvant dormir, j'ai récupéré ma compagne et demandâmes la direction de la mer où juste en face des Îles Zembra, j'ai fait une baignade mémorable sous le regard scandalisé et réprobateur de Madame Boughmiga. Il n y avait personne et seul un jeune garçon attendait pendant des heures, le camion frigorifique pour vendre ces quelques poulpes qui s'assèchent à vue d'½il sous le souffle du Sirocco.
Comme dans presque touts les villages du Nord, un ou deux proprios réglaient la vie économique et sociale et exploitent la production locale faisant de la population ouvrière industrielle ou agricole sous leur tutelle, des sujets, à la merci de leurs caprices ou leur générosité féodale et néo féodale. Mais comme Boughmiga ne fouine pas pendant les vacances, même aussi courtes, j'ai passé au dessus des énormités sociales, écologiques et politiciennes. Le soir, dans la maison des fêtes, il y avait beaucoup de monde, les mariés étaient rayonnants et l'orchestre engageante et Boughmiga, eu beau joué des airs et attitudes en fonction des situations, une fois dur, une fois transparent, une fois au sourire distrait, une fois absent, mais ça n'a pas mordu et quelques fois un jeune bourré et provocateur venait danser devant lui volontairement. Normalement, le néanderthalien, riposte aux provocations confirmées, mais il du tempéré afin de ne pas foutre la pagaille pendant le mariage de cet ami de la providence. Je savais bien que les gens du village se connaissent et restent fondamentalement très solidaires et je ne peux être dans certaines situations que le faible maillon et le mouton noir. Donc il a fallu que je surfe sur plusieurs attitudes pour échapper à la confrontation tout en restant sur l'arène. Car aussitôt, tout dégringola et les gens fuirent l'endroit, à pieds et en voitures et seule ma bagnole resta pour enlever les mariés et les transporter dans leur maison de noce. Ce que j'ai fait avec une grande assurance et courage sans répondre aux menaces et gesticulations gravissimes, au point que j'ai oublié de klaxonner et une fille au pas de sa maison me rappela ce devoir d'accomplissement.
En revenant à la maison du mariage, l'effervescence était encore à son paroxime et je dus éviter les barrages des excités menaçants avec des barres de fer et de grosses pierres et le frère du marié me demanda d'aller faire un tour en attendant que ça se calme. Je suis alors sortis du village à l'aveuglette comptant sur mon sens de l'orientation, mais après trente minutes de conduite j'ai perdu le chemin du retour et demanda à des ouvriers sur un tracteur agricole, qui tout en me prévenant des dangers terroristes de cette région de Soliman, m'avaient indiqué le chemin. Grace au portable, j'ai organisé « l'enlèvement » de ma femme du village et malgré les supplications des parents pour passer la nuit, nous partîmes afin d'éviter des risques à tout le monde et garder notre sentiment du devoir accompli.
Ouf, enfin, sans le vouloir, notre voiture se dirigea plein sud et malgré les reproches taquineurs de ma femme de l'avoir laissé au village et partit, nous roulâmes avec un sentiment de plénitude et de quiétude et surtout sans regrets et sans rancunes. Vers deux heures et demi du matin, nous entrâmes le boulevard de Hammamet-Sud, sous les lumières, les pétarades des motos et des voitures chromés. Bien sur l'idée de prendre une chambre d'hôtel n'était pas envisageable ni dans nos habitudes ni dans notre imaginaire et garâmes la voiture au bord du trottoir à voir et écouter les déboires d'une population de jeunes festoyeurs, fils à papa et riches en mal de société. Des groupes de jeunes filles sur des tricycles ou en voitures décapotables, occupaient la corniche avec leurs chants bruyants et leurs excès d'hormones et d'adrénaline. Malgré notre « esprit large » et notre maturité citoyenne d'ouverture et de tolérance à la Tunisienne, nous nous regardions de temps à autres, en signe de protestation, en nous enfonçant encore plus dans nos sièges de la voiture, scandalisés par ce dévergondage indigne de nos valeurs et notre éthique arabo-musulmane.
Personnellement, le levé du soleil, sur la route côtière du Sahel, m'a beaucoup animé et revigoré, et j'ai eu même l'appel de quelques endroits pour installer des assemblages artistiques dans la mer comme j'en ai fait sur la route de Zarzis-Bengardane. A un moment on s'est trouvé dans le souk de Ksar Hellal, cette ville fameuse pour son histoire politique et surtout pour son artisanat et son patrimoine manufacturier, mais, j'étais très déçu en trouvant uniquement des produits plastiques provenant de la Lybie et même la pastèque et le cactus que j'avais acheté n'étaient pas comestibles. Toutefois, une petite ancre me plu et l'acheta pour le musée mémoire de la mer Zarzis.
Aux abords de Mahdia, une indication marquait une plage aménagée et nous y passâmes de très bons moments à nager, dormir sur le sable fin ou déguster les sandwiches et les glaces. C'était un endroit merveilleux où la mer était des plus belles et l'ambiance agréable.
Au milieu de l'après midi, nous réprimes le chemin du retour, en arrêtant la voiture chaque fois que je sens le besoin d'une petite sieste et sous la surveillance de ma femme, je fais coup de barre avec des ronflements de félin satisfait.
Avant d'entrer à Zarzis et afin de prévenir les éventuelles critiques de ma femme au sujet de ces vacances-tourbillon, je l'ai invité à un copieux diner à Neffatia où la viande à la jarre était délicieuse malgré le prix un peu au dessus de nos moyens.
Il y a maintenant un an de ce voyage, et nous ne parlâmes à personne de nos déboires dans le village, notre désarrois à Hammamet, notre déception à Ksar Hellal et notre vagabondage sur les routes. Entre temps l'heureux marié nous a souvent téléphoné pour nous remercié du coup de main et une autre fois pour nous annoncer la naissance d'un bébé. Je compte revenir une autre fois au village, pour me réconcilier effectivement, avec des gens que j'ai aimé malgré tout car La bêtise est humaine mais l'homme n'est pas toujours bête.

Lihidheb mohsen éco artiste
4170 Zarzis 06.08.2009
www.seamemory.org





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# Posted on Friday, 07 August 2009 at 3:00 PM

Boughmiga réutilise les bifax aprés 20000 ans

Boughmiga réutilise les bifax aprés 20000 ans
Boughmiga le néanderthalien réutilise les bifax après 20 000 ans

Cette fois ma vadrouille irrésistible me mena assez loin, sur une colline immense où j'ai trouvé quelques silex manipulés maladroitement par l'homme primitif. Avec mon grand chapeau de paille mexicain ou plutôt Djerbien, mon sac de toile contenant une bouteille d'eau pour palier à cette chaleur torride, mon Djellaba marron que je mettais en fonction de mes besoins d'ombre ou d'aération, je récoltais des bifax et des pierres polies par l'usage. Quelques aboiements lointains me parvenaient des huttes de berger à peine visibles. Bien sur, comme un bon ami de la terre et du vivant, j'observais et profitais de la réflexion du soleil sur les tessons, l'érosion de la surface de la terre par le vent, la grêle, l'écoulement de l'eau de pluie, le grattage du sol par les pattes animales, les excavations des rats, des lapins, des renards, ... et sur une moyenne de trois kilomètres de marche je trouve toujours un objet assez intéressant. Au préalable, je jauge le terrain et entreprend de le séquencer dans ma tête pour le ratisser en rond, en diagonale ou par portions, en fonction de la position du soleil et la direction du vent. Cette fois, le butin est maigre et en plein sommet de la colline, j'ai eu le besoin de pisser un coup, sans jamais penser que j'étais observé par les maitres de la place, car une minute après une horde de chiens, qui auraient vu mon geste malencontreux et le prirent pour une main mise de ma part sur leur espace naturel, m'entoura en aboyant très fort. « Naturellement », comme un bon ami des animaux, j'ai essayé la persuasion, les sourires, les grimaces, les « accolades » gestuelles, les engueulades, ... rien à faire. Ils étaient sept chiens, dont quatre grands deux moyens et deux jeunes et tous se relayèrent à tourner au tour de moi en cherchant une percée vers une partie sans défense de mon corps. Le plus gros qui était le plus inquiétant cherchait visiblement à se positionner derrière moi, pour profiter d'une occasion de faiblesse et jouait sur le facteur temps et l'usure de mes forces. Malgré le fait de tournoyer mon sac postal contenant les pierres pour en faire un écran aux attaques des chiens, j'ai remarqué qu'ils ont assimilé le mouvement et venaient au creux de la parade quant le projectile balayeur est juste parti vers l'autre coté. C'était devenu sérieux et même dangereux et il n y avait nullement de possibilité de refuge ni de secours et il fallait que je me ressaisisse et je pris promptement une colère monumentale à la hauteur de mon instinct néanderthalien et comme le premier homme à découvrir l'usage de la pierre, pivota sur moi même dans un grand cri sauvage et pris du sac un bifax que j'ai envoyé avec force vers le plus grand chien qui tournait rapidement autours de moi. Comme dans un tir sur une cible mobile, la pierre effleura sa patte de derrière et il partit en « chialant » avec un cri aigu de douleur, que j'ai exploité psychologiquement à mon avantage pour lancer une autre pierre sifflante et engager une contre attaque « blitz » en courant derrière toute la horde en criant ma colère et me rage. J'ai voulu même les poursuivre jusqu'au berger pour le blâmer de sa passivité mais de loin, j'ai vu à l'horizon sa silhouette s'appuyant sur un bâton et paraissait vieux donc j'ai évité une confrontation infructueuse.
Ouf, enfin, c'était juste et l'incident passa sans blessures à part une douleur au niveau du rein gauche qu'un médecin, il y a quinze ans, m'avait dit qu'elle ne fonctionnait plus, mais Boughmiga le néanderthalien, les avait envoyé balader tout les deux, le rein et le médecin.
Ainsi, la retraçabilité des effets de l'instinct animal, dans toutes ses formes, a été claire et manifeste, dans une consécution des réactions légitimes pour la survie et la sécurité. Les chiens se battaient pour leur territoire, les oiseaux criaient et piquaient sur moi avec leur crotte chaque fois que je m'approche du lieu de leur nidification, ... et l'anthropocentrisme humain s'approprie les droits des autres espèces et accumulent à son profit des avantages désastreux pour l'équilibre naturel et la préservation des espèces. Ses avantages généralement iniques et sur proportionnés, sont aussi à l'origine des conflits et les guerres entre les hommes au point de craindre au devenir de l'humanité.
Mais, Boughmiga le néanderthalien, n'entre pas dans ce jeu macabre et ne s'approprie rien, ne dérange pas les espèces, car il considère qui tout lui appartient et il appartient en entier à cette symphonie de la vie et son créateur.
Mais, quand même il a appris une fois pour toute, à ne plus se « libérer les vessies » n'importe où !!! Par respect à l'instinct de « l'autre » et il a appris aussi, qu'il reste en lui toujours cet homme primitif, qui par la découverte ordinaire de la pierre, a pu surpasser sa faiblesse naturelle par rapport aux autres animaux, et sur cette base, a pu dominer le monde à partir de ce petit geste de défense par le bifax.
Lihidheb mohsen Eco artiste
4170 Zarzis le 13.08.2009
http://art.artistes-sf.org/mohsen





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# Posted on Tuesday, 18 August 2009 at 5:05 AM

Les enfants de Zarzis mémorisent leur mer, la Tunisie

Les enfants de Zarzis mémorisent leur mer, la Tunisie
Les enfants mémorisent leur mer, la Tunisie

Suite à un article de presse paru dans une grande magasine internationale, au sujet des réalisations culturelles et artistiques de l'action mémoire de la mer Zarzis, que le professeur d'éducation civique Si Bouagila, au collège de Zarzis ville, a repris dans ses cours, tests et devoirs, les élèves ont demandé à connaitre et rencontrer le personnage de cette action écologique. Malgré le fait que le musée de cette action est ouvert depuis quelques années et juste à quelques kilomètres dans la région touristique, la majorité des enfants n'en ont jamais entendu parler ni eu l'occasion de le visiter. Pourtant plusieurs groupes d'élèves des écoles primaires, ont été dans cet espace artistique et ont tissé une relation éthique et esthétique avec ses lectures et idées acquises. Ils sont venus de l'école de Hassi Jerbi, l'école de Sangho, l'école de Souihel, le collège de Souihel, l'école Oued Abdenbi, l'école des filles, l'école de Ksar ouled said, l'école de Ras dhahra, l'école d'El Mouansa, l'école de Hamadi el guebli, ... ainsi que plusieurs groupes d'élèves excursionnaires de l'intérieur du pays....avec bien sûr une entrée gratuite pour tout le monde et quelques fois ils repartent aussi avec des cadeaux en objets de la mer, des poèmes ou la copie du film « sacrées bouteilles ».
A propos du film, c'était la base de notre introduction aux débats en classe et les élèves du collège eurent droit à une jubilation intellectuelle et comportementale magnifiques. J'ai commencé par les saluer personnellement tout en insistant sur leur individualité, leur intégrité, leur self-estime, ... afin de relativiser l'unanimisme en vigueur et la lecture de quelques poèmes à la façon de jacques Prévert, avait aussi laissé les enfants en halène et suspendu à ce prestigidateur des idées et des images. Avec des gesticulations, mimétiques et présence physique, j'ai hypnotisé mes auditeurs vers un flottement collectif entre le rêve et le bonheur de vivre, mais ça m'a permis aussi de constater combien le travail des professeurs et instits est difficile et exténuant.
Ainsi, dés que j'ai amèrement décidé, faute de sponsor, de soutien et de ressources, de déconstruire le musée, et agir plutôt dans le sens de parvenir aux gens là où ils sont, j'ai tout de suite pensé aux élèves de ce collège pour faire un assemblage géant dans la cour de leur établissement scolaire. C'était une décision arbitraire vis-à-vis des autres écoles, mais ceux là étaient plus âgés et capables d'assimiler les dimensions de cette action écologique. Bien sur, j'ai bien veillé à les faire participer et n'ai rien dicté, juste un accompagnement actif, lors du remplissage des bouteilles en eau pour en constituer la mer, l'ajustement de la grosse corde de grands bateaux pour faire les contours du territoire Tunisien, le placement juste en fonction de la taille des trente trois boules flotteurs pour en signaler l'emplacement des villes du pays, des cordelettes pour les îles, des cordons « bleus » pour la rivière Medjerda et le chott el Djérid, de grosses bouteilles verticales pour les ressources en eau de Zaghouan et Koutine... et l'assemblage de cette configuration artistique s'est passé dans la joie tout en soulignant le devoir de participer à construire son bled et consolider nos acquis millénaires, tout en espérant que cette belle construction virtuelle et « fétichiste » aurait un impact positif sur la mémoire des jeunes pour un beau pays et un monde meilleur.
C'était aussi une occasion festive pour les élèves, leurs encadreurs et même la Radio Tataouine avait repris l'événement dans ses news et dans d'autres programmes, en tant qu'initiative d'ouverture des établissements scolaires sur leur environnement entre le collège de Zarzis-ville et « l'action Mémoire de la mer et de l'homme Zarzis ». Cet événement a été aussi le résultat d'un concours de circonstances, d'un cumul de contact et discussions et aussi à l'occasion du mois de l'environnement, malgré que l'artiste initiateur, Lihidheb mohsen, est à pied d'½uvre tout au long de l'année pour le nettoyage des plages, le recyclage artistique et la prédication écologique sur le net, à la Radio et les journaux, sans catastrophisme ni revendication.
Lors de la fête scolaire de la fin de l'année, les parents ont eu l'occasion de constater l'½uvre dans la cour du collège et les élèves en étaient fiers et leur expliquaient avec un grand sérieux, la signification des formes et l'origine des objets tout en prenant des photos souvenirs. La configuration est encore dans la cour de l'école, pendant toutes les vacances de l'été, pour la recomposer une deuxième fois par d'autres élèves, d'autres patriotes, dans d'autres endroits de notre cher pays, la Tunisie verte, la Tunisie de la civilisation humaine, la Tunisie de l'authenticité et de l'ouverture, la Tunisie de la paix et celle des générations futures.

Lihidheb mohsen éco artiste
4170 Zarzis 18.08.09
http://art.artistes-sf.org/mohsen
http://boughmiga.skyblog.com



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# Posted on Tuesday, 18 August 2009 at 5:52 PM